SERPENTCULT Raised By Wolves CD

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TRACK LISTING

1. Raised By Wolves
2. Crippled and Frozen
3. Longing for Hyperborea
4. Growth of the Soil

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LA CHRONIQUE DES PRO'S

12/20
Courtesy of ROCK 'N BALLS

Trois ans après la sortie de Weight of Light et un an après le départ de la chanteuse Michelle Nocon, voici donc le second opus de nos compatriotes de Serpentcult. En trois ans et un départ de vocaliste, pourtant, ils n’ont pas retourné leur veste, rassurez-vous. A part avec l’absence quasi-totale de chant et la durée des morceaux (quatre titres pour une durée totale Lire la suite [...] d’un peu moins de 40 minutes, faites le calcul), l’art iconoclaste des Gantois n’a pas subi de lifting considérable. Bon d’accord, vous allez me dire que ça fait déjà une sacrée différence, et vous n’aurez pas tort. Mais, peut-être paradoxalement, cela ne change pas fondamentalement la donne. Empruntant au doom pour façonner une musique qui rend la catégorisation ardue, nos amis flamands aiment toujours autant les titres dépouillés, chargés en noirceur mais possédant cette touche groovy assez rock, finalement.

Bon soyons clairs, autant la première réalisation de Serpentcult avait su nous séduire par son côté anticonformiste et régressif, autant Raised By Wolves nous a laissés bien trop souvent indifférents…voire pire. Sur certains morceaux, comme « Raised By Wolves », la répétitivité dont le groupe est adepte fonctionne car on distingue malgré tout une certaine évolution (en termes d’intensité, de tournures, d’arrangements primaires, de bruitages) dans cette petite poignée de riffs qui tournent en rond. On prend également plaisir à entendre – c’est si rare – un son aussi pouilleux et suintant, à l’arrache juste ce qu’il faut. En somme, l’approche minimaliste et l’esprit rock, avec son côté gras et spontané, parviennent à séduire malgré les limites que le groupe impose lui-même à son art.

Cet équilibre improbable, précaire, ne caractérise hélas pas l’ensemble de ce disque, c’est bien là le problème. L’iconoclasme de Serpentcult le pousse à la frontière entre adhésion et ennui. Cette limite est bien fine et dépend de détails mineurs : un riff bien pensé, un certain groove lourdingue, une intensité voire…l’état d’esprit de l’auditeur, tout simplement. Or des titres comme « Longing for Hyperborea », titre de plus de dix minutes reposant sur… deux ou trois riffs, bascule clairement du mauvais côté de la limite. Comment ne pas ressentir ne fut-ce qu’un certain manque d’intérêt ou, plus volontiers, de l’ennui profond à l’écoute d’un morceau qui a si peu à offrir ? Ascétisme, je veux bien, mais restons sérieux, il y a des limites à tout…

Tout au long des quatre titres de Raised by Wolves, le groupe s'enferme donc dans sa formule jusqu’au-boutiste, décochant quelquefois une flèche intéressante (l’effet de « crapaud » sur la voix sur le finale de « Growth of the Soil ») mais peinant à convaincre sur la durée, l’absence quasi-totale de chant n’améliorant évidemment guère les choses… Cette musique n'est pas faite pour être excitante ni divertissante, et s'adresse donc clairement à un public de niche. Cela n’a rien de neuf lorsqu’on évoque Serpentcult. Mais le groupe a poussé le bouchon bien trop loin, cette fois. Dommage.

Mastema