KISSING CANDICE Blind Until We Burn CD

3.0/5 (1 vote)

TRACK LISTING

1. Unloaded
2. My Perfect Hell
3. Chart Topper
4. Tusk
5. Misdirection
6. Recycled LIE
7. Put 'em Up
8. Shop Smart
9. Mistaken For Manson
10. Decomposer
11. Roach Motel
12. KPM
13. Slugworth

13. Slugworth

DESCRIPTION

Ils sont jeunes, ils sont enragés, ils sont masqués, ils pratiquent un Metalcore Moderne qui dès les premières notes mosh sec : KISSING CANDICE assure la relève et promet des belles empoignades lors des concerts.

MUSIQUE VIDEO KISSING CANDICE Put 'em Up

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LA CHRONIQUE DES PRO'S

12/20
Courtesy of ROCK 'N BALLS

Porter des masques était un signe original imaginé par certains groupes pour se distinguer. Comme beaucoup de chose, c’est un peu devenu un effet de mode. Gwar mérite la paternité des masques horrifiques. Lordi les a sophistiqués jusqu’aux ongles et popularisés auprès du grand public (hallelujah). Mushroomhead a loupé le coche tandis que Sliknot a Lire la suite [...] professionnalisé l’idée en gagnant la timbale planétaire. Dans le même registre carnavalesque qui fait peur, on trouve encore Death In Motion et Terror Universal (pour ne citer qu’eux). Kissing Candice est un nouveau venu dans ce bal des groupes masqués. Alors, qu’ont-ils à apporter à part un look travaillé et cinématographique ? Pas grand-chose de neuf si l’on en croit leur premier album intitulé Blind Until We Burn.

Kissing Candice a été créé en 2012 par l’ex-claviériste de Dr Acula, Joey Simpson. De toute évidence, il voulait passer sur le devant de la scène. Le bref morceau d’intro « Unloaded » est lourd, hyper gonflé et mâtiné de sons électros. Il situe bien dans quel créneau ils ont voulu positionner le groupe. « My Perfect Hell » et « Chart Topper » se suivent et se ressemblent très fort. On comprend surtout que l’inspiration majeure de Simpson vient de Des Moines. L’influence de Slipknot n’est donc pas que visuelle. Le son de Blind Until We Burn est très rond et chaud. Les gimmicks autant néo-métal (les breaks) que metalcore (la rythmique saccadée) sont nombreux. Le très Kornien « Tusk » fonctionne bien aussi : le riff, la structure du morceau, les petites touches électros et même un passage plus rappé façon Limp Bizkit. Jusque-là, c’est assez convaincant.

Vocalement, Simpson joue le gros dur pendant les couplets avec une voix grasse presque death. Par contre, les refrains sont à chaque fois très chantés (façon émo) par le guitariste Walter Dicristina. Cette totale opposition au sein d’un même morceau est très bizarre. Pendant les couplets, ils font les gros méchants avec leurs masques (très réussis ceci dit) et la grosse voix et pendant les refrains gentillets, ils deviennent tout doux. Avec une telle imagerie horrifique, ils devraient faire les méchants tout le temps, question de crédibilité. Sinon, c’est un peu comme voir Freddy Krueger habillé en princesse avec un nœud rose qui dirait « allez non, c’était pour rire, je suis un gentil, tiens voilà un gros bisou ». On n’y croit pas une seconde.

Prenez par exemple « Misdirection ». Le couplet balance plutôt bien, la rythmique est très metalcore et puis arrive un refrain en décalage complet, carrément puéril. On dirait qu’ils aiment aussi My Chemical Romance... Le début de « Recycled L.I.E. » a plus de couilles et propose un passage intéressant à la fin. Mais à nouveau, le refrain mélodique (loin d’être aussi prenant que chez Ill Niño) n’apporte rien au morceau. Le single « Put 'em Up » est l’un des plus aboutis. Plus sombre, on pourrait le situer entre Slipknot et POD. La musique coule plus naturellement de source et même le refrain chanté marche mieux.

La première partie de cet album fonctionne plus ou moins tandis que les places 8 à 13 deviennent franchement répétitives et déjà-entendues. On relèvera un passage électro à la Hollywood Undead dans « Shop Smart » ou « Slugworth » et d’autres petites choses intéressantes ici et là mais globalement les idées sont trop dispersées ou pas assez concrétisées. « KPM » et « Slugworth » par exemple sont plus néo-metal mais ce n’est pas pour ça que ça marche mieux. La différence entre les couplets durs et growlés et les refrains de tapettes presque pops est encore trop grande. Pire, la rythmique saccadée est très peu inspirée. Cette façon qu’on les guitares de suivre la grosse caisse me fait même davantage chier que les refrains cul-cul. Ces gimmicks metalcore sont dénués de personnalité et de talent.

Kissing Candice fait du divertissement à l’américaine, qui sous des dehors horrifiques, est finalement assez consensuel pour essayer de plaire à tout le monde et ce, jusque dans les textes qui touchent un peu à tout. Ce groupe est la preuve vivante que le look seul ne suffit pas pour faire un bon album (heureusement d’ailleurs). Leur image, la production scénique comme ils disent, est élaborée et aide à attirer l’attention (la preuve, j’en parle). C’est déjà très bien pour surnager parmi la multitude de groupes existants mais après, il faut aussi pouvoir convaincre auditivement et pas uniquement visuellement. Et à ce niveau, il y a encore du boulot. Ou de la marge de progression, tout dépend du point de vue.

Vanarkh