EVERGREY Glorious Collision CD

4.0/5 (1 vote)

TRACK LISTING

1. Leave It Behind Us
2. You
3. Wrong
4. Frozen
5. Restoring The Loss
6. To Fit The Mold
7. Out Of Reach
8. The Phantom Letters
9. The Disease ...
10. It Comes From Within
11. Free
12. I'm Drowning Alone
13. ... And The Distance

13. ... And The Distance

MUSIQUE VIDEO EVERGREY Wrong

Ajoutée le 18-02-2011
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LA CHRONIQUE DES PRO'S

18/20
Courtesy of ROCK 'N BALLS

Vous le savez sans doute, l’an dernier pas moins des 3/5 d’Evergrey ont fichu le camp. Des musiciens, le groupe en a certes vu passer dans son histoire, mais on pensait franchement qu’il ne se remettrait pas d'un coup pareil, d’autant plus qu’Henrik Danhage (guitare) et Jonas Ekdahl étaient des membres de longue date et des partenaires solides du leader Tom Englund (chant/guitare). Si nous pouvons tenir Lire la suite [...] aujourd’hui ce Glorious Collision entre les mains, c’est donc avant tout un petit miracle, Englund et Rikard Zander (claviers) ayant fort logiquement considéré d’arrêter l’aventure tout net. Pour autant, Glorious Collision ne servira pas simplement à rassurer les fans, à leur prouver que ce groupe a trouvé l’énergie et la volonté de prendre un second envol. Ce huitième opus, sorti trois ans après un Torn qui nous avait laissés de marbre, est un vrai tour de force. Il semble que le changement de personnel s’imposait vraiment, car Evergrey nous offre aujourd’hui une de ses meilleures réalisations, rien de moins !

Composé essentiellement par Englund et Zander (les trois petits nouveaux n’étant arrivés que tard dans le processus), Glorious Collision revient à des titres assez mélodiques et sombres dotés de rythmiques en béton, un mélange qui avait fait la réussite de Recreation Day (2003) et The Inner Circle (2004). Evergrey prend ainsi le contre-pied des expériences plus récentes (Monday Morning Apocalypse, 2006), fondées sur la concision et l’accroche. Au niveau du son, le groupe a opté pour une production plus brute qui pourrait surprendre certains lors d'une première écoute. Ce choix d’un son moins aseptisé et, par conséquent, très heavy est excellent car il donne une autre dimension à la facette mélodique du groupe et, surtout, à la splendide performance d’Englund. Seul le son de caisse claire nous a gênés, mais rien qui ne vienne gâcher la fête, rassurez-vous.

Il ne nous faut pas beaucoup de temps pour être conquis : « Leave It Behind Us » fait très vite taire les sceptiques avec ses mélodies vraiment inspirées, un chant intense d’Englund et une belle surprise au rayon des leads : le nouveau gratteux Marcus Jidell (ex-Royal Hunt) fait des étincelles. Ce titre remarquable n’est que l’introduction d’une bonne heure de musique émaillée de bon nombre de moments de bravoure. Rien n’est à jeter sur cet album. Prenons la voix d’Englund, par exemple. Cela fait déjà un bon moment qu’on ne doute plus que cet homme est un grand chanteur. Sur Glorious Collision, il atteint cependant de nouveaux sommets. Impérial sur « Wrong », le salaud nous donne carrément des frissons sur le magnifique « The Phantom Letters ». Nous avons affaire ici à une performance « à l’ancienne » : pas d’effets de style, pas de gimmicks, juste d’authentiques émotions dont le merveilleux timbre de voix d’Englund est un véhicule de choix. Mais son talent de chanteur n’explique pas à lui seul la réussite de ce disque. Les compositions, très fines, soufflent souvent le chaud et le froid, les riffs musclés étant tempérés par des refrains imparables (et qui évitent pourtant soigneusement la facilité) et de très belles mélodies (« Frozen », « Out of Reach »). Evergrey suit sa voie et évite les poncifs, son heavy metal d’obédience sombre porte une marque personnelle, moderne (le son) et traditionnelle (le travail mélodique) à la fois.

Autre grande qualité de cet opus : sa spontanéité. S’il ne fait aucun doute que les compositions ont été minutieusement travaillées, on ne ressent plus ce côté quelque peu synthétique, lisse des deux précédents efforts du groupe. Il se dégage de tous les pores de Glorious Collision une sincérité touchante. L’émotion est réelle, presque palpable. Les choses se font facilement, loin des faux-semblants et des codes (« Free »). Soulignons également le rôle de Rikard Zander, dont les parties de clavier sont aussi discrètes qu’enrichissantes dans cet ensemble globalement dominé par les six-cordes. Le groupe a aussi glissé quelques pépites d'originalité. Je pense principalement au sublime « I’m Drowning Alone », avec son refrain mémorable et, surtout, l’intervention de Salina Englund (qu’on suppose être la fille du chanteur), authentique moment de grâce. L’équilibre est sans cesse assuré, mais toujours dans la continuité, dans une logique qui semble parfaitement naturelle.

Cela faisait très longtemps (certains diront : jamais) qu’Evergrey n’avait accouché de compositions aussi instinctives et précises à la fois. C’est endeuillé que les Suédois signent aujourd’hui l’un de leurs plus beaux albums. Le bien-nommé Glorious Collision ne peut forcément qu’annoncer des lendemains heureux… Mais ne pensons pas encore à demain, sachons savourer l'instant. Et pour l’heure, je ne dirai que ceci : chapeau bas !

Mastema