DODHEIMSGARD A Umbra Omega CD

3.0/5 (1 vote)

TRACK LISTING

1. The Love Divine
2. Aphelion Void
3. God Protocol Axiom
4. The Unlocking
5. Architect Of Darkness
6. Blue Moon Duel

DESCRIPTION

Norway's Dodheimsgard was formed in 1994 by Vicotnik & Aldrahn. The early incarnation was that of a raw and melodic black metal band, with their debut album also featuring Fenriz of Darkthrone on bass, before the poisons of a more avantgarde & schizophrenic concoction started to take hold.

One of the top bands and boundary-pushing visionaries of the mid-90's Norwegian Black Metal Lire la suite [...] evolution, having released 4 full-length albums since their inception, DHG are widely hailed as masters of dark & psychotic psychedelia-tinged extremity.

The first fruits of DHG's re-animated labour manifest in the shape of new studio album, 'A Umbra Omega', with original co-founding member Aldrahn (Thorns/The Deathtrip) making a return to the asylum on vocal duties alongside Vicotnik's exquisite & unconventional compositions & structures.

'A Umbra Omega' is DHG's first album since 2007's 'Supervillain Outcast' opus, and undoubtedly marks the band's most challenging work to date; twisted, technical, sprawling epics & an inverted outlook on existence from the depths of band mastermind/writer/producer Vicotnik, with similarities drawn to previous classic DHG works such as '666 International' and 'Satanic Art' whilst being taken to a whole new level.

A raw and organic production permeates the album courtesy of Vicotnik himself, with the album mastered at Strype Audio in Oslo by Tom Kvalsvoll.

COMMENTAIRES

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LA CHRONIQUE DES PRO'S

15/20
Courtesy of ROCK 'N BALLS

Huit ans ! C’est le temps qu’il nous a fallu patienter pour que ce cinquième opus des Norvégiens givrés (oh le pitoyable trait d’esprit !) voit enfin le jour. Un laps de temps hautement inhabituel pour la plupart des formations, mais parfaitement normal, voire « acceptable » pour DHG, dont il est admis que la musique pour le moins exigeante nécessite une longue gestation… Le Lire la suite [...] fait majeur qui entoure A Umbra Omega est indéniablement le retour d’Aldrahn (Thorns, ex-Old Man’s Child), qui chante sur tous les disques du groupe à l’exception du dernier, l’incroyable Supervillan Outcast. L’absence du chant exceptionnel de Kvohst – qui a également « endeuillé » Code en 2011 – est en soi un changement déterminant. Il l’est encore plus à l’aune des choix artistiques que fait l’ami Aldrahn sur ce disque. Que ce soit pour se distinguer de son brillant remplaçant ou pour tenter d’emmener le combo à un niveau d’expérimentation plus élevé encore, le Norvégien s’est lancé dans une prestation à 100% théâtrale et expérimentale. Si l’effet de décalage est garanti, on en arrive hélas à un résultat quelque peu forcé et, surtout, peu agréable. Il faut entendre, par exemple, ces nombreux effets dont use Aldrahn, et notamment ces espèces d’anti « Auto-Tune », c’est-à-dire qu’au lieu de corriger la tonalité, ils la déforment à dessein. C’est carrément un acte militant à une époque où les artistes visent une perfection de forme même si elle exige de peu glorieux maquillages de studio, mais ce n’est tout simplement pas beau à entendre !

Il était logique de débuter cette chronique en évoquant le chant car c’est malheureusement l’élément qui fera le plus débat, celui qui marquera ce disque au fer rouge. C’est dommage car musicalement, le retour d’Aldrahn semble avoir libéré davantage le combo (et plus particulièrement son compositeur Vicotnik), qui nous offre une prestation époustouflante. Si l'étiquette sera sans doute balayée par les musiciens dans un élan de modestie, osons parler d’élitisme musical, de réelle aspiration avant-gardiste. Faire les choses « différemment », se façonner une identité véritablement unique semble être l’horizon que s'est fixé Vicotnik. Ambitieux mais pas arrogant, car les musiciens ont les armes nécessaires. Poussés par un amour déraisonnable du risque, ces artistes-kamikazes se sont lancés dans l’écriture de cinq plages de plus de onze minutes qui, sur le plan musical, vont encore plus loin que Supervillain Outcast, pourtant pas du genre « tube de l’été »…

Si plusieurs écoutes attentives sont une exigence minimum pour ce genre d’albums, il est difficile, une fois les oreilles familiarisées, de rester insensible aux délires vertigineux du groupe. « Aphelion Void » souffle le chaud et le froid en ne lâchant jamais complètement un souci de cohérence. Musicalement c’est énorme (le finale en acoustique, aussi original que génial, est un exemple parmi d’autres), notamment la performance inhumaine de Sekaran aka Terghi (batterie) qui, pour son baptême du feu avec le groupe, passe avec aisance de caresses jazzy à des rythmiques extrêmement véloces. La basse (jouée par Vicotnik) est elle aussi très présente et son rôle est important car elle apporte une chaleur là encore jazzy à une musique hautement expérimentale. Nous sommes d’emblée frappés par la capacité de DHG à balancer, au milieu d’un jeu de dissonances parfaitement maîtrisé, de superbes passages mélodiques et atmosphériques. A notre grand bonheur, les Norvégiens ne s’en privent pas tout au long de l’album, notamment sur le très réussi « Architect of Darkness », où les éclairs de génie mélodique (piano, cuivres) permettent de démêler avec finesse la pelote de fils dissonants emberlificotés qui domine. On retrouve encore ces aller-retour incessants enter chaos d’une intensité rare et une atmosphère cultivée à renfort de claviers et de guitares acoustiques, le tout strié de passages mélodiques, sur le conclusif « Blue Moon Duel ». C’est toujours très exigeant, mais DHG y démontre avec un talent fou que pour « faire » de l’expérimental, il est nécessaire de maîtriser avant tout ses bases classiques et cultiver une vraie richesse d’écriture. Ces qualités expliquent pourquoi cet avant-garde dépasse largement le simple exercice de style pour imposer une réelle approche originale qui ne lasse pas sur la durée. Les mélodies sont encore à l’honneur (sans se donner facilement, il faut aller les chercher !) sur « The Unlocking », énième festival d’influences et d’atmosphères diverses qui nous fait passer de jeux techniques démentiels à des sections étonnamment organiques (belles sections acoustiques ou de piano), en passant par de longues dégénérescences maladives. C’est dans ces moments-là qu’on regrette qu’Aldrahn ne suive pas la même logique que ses coéquipiers en alternant expérimentation et passages mélodiques de grande classe. C’est parce qu’il se cantonne à une expérimentation de tous les instants qu’il rend le chant indigeste (cf. sa prestation sur le beau solo de piano de « The Unlocking » : était-ce vraiment nécessaire ?).

Inventivité maximale, finesse d’exécution aberrante, Dødheimsgard brasse allègrement les styles et, sûr de son fait, en extrait une substance cohérente, définie et personnelle (« God Protocol Axiom »). Musicalement ébouriffant, le groupe ose aujourd’hui occuper une position risquée mais extrêmement originale, en rappelant seulement discrètement ses racines extrêmes (les passages rapides sont finalement très minoritaires sur A Umbra Omega). L’idée d’un simple culot artistique est immédiatement évacuée au profit d’un talent pur doublé d’une liberté d’action absolue : ces musiciens ont simplement les moyens de leurs ambitions. A une chose près… mais elle est de taille. L’exigence avant-gardiste a en effet dérapé avec ce chant d’Aldrahn qui fait franchir aux Norvégiens une ligne rouge qu’ils semblaient si bien maîtriser musicalement. On peut nourrir de sacrés regrets : avec un chant irréprochable, A Umbra Omega valait sans doute un 18/20. Brillant, totalement étranger aux principes de style couramment admis et… très musical.

Mastema